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 Alouna Paradise

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MessageSujet: Alouna Paradise   Mar 5 Fév - 17:10



« Alouna Paradise. Struggle for Pleasure. »


Bienvenue dans ma galerie Invité. Voilà, je te montre quelques petits textes de moi que je poste ici et que j'ai pu écrire ces dernières années, et je vais te laisser me découvrir à travers ces textes. ^^ N'oublie pas, dès que tu vois un titre dans un texte, clique dessus et écoutes la musique pendant que tu lis, c'est agréable. (: Voilà, je ne dis rien de plus c'est barbant, juste Bonne Lecture !!
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MessageSujet: Re: Alouna Paradise   Mar 5 Fév - 17:11

Perfect Symphony.


Les cris. Les hurlements de douleurs. Les gerbes de sang. Tout ceci ne pouvait être que l'oeuvre désastreuse d'une guerre. Mais qui dit guerre dit combat, qui dit combat dit victoire, et donc récompense. Mais ce n'était pas la récompense d'avoir tué tel ennemi qui m'intéressait, mais plutôt l'adrénaline que provoquait la peur lorsqu'elle s'imprégnait en vous, vous prenait à la gorge, ne pouvant plus vous laisser aspirer l'air si précieux pendant ses moments empli de terreur. Et cette perspective de pouvoir quitter ce monde d'un instant à l'autre vous redonne l'espoir de vivre ...

Le crissement des épées résonnait autour de moi, comme une douce mélodie berce les morts qui ferment doucement leurs yeux à jamais. Regardant un nombre incalculables de personnes s'écrouler autour de moi, je sentis soudain une douleur fulgurante à la jambe droite. Je dégainais mon sabre, prête à me défendre, mais lorsque je fis volte face, mon agresseur avait déjà replonger dans le bain de sang. Le sang chaud s'écoula sur mes bottes déjà crasseuse, alors qu'une dague fusa à quelques centimètres seulement de mon visage. Je fis un bon en arrière, et cherchais mon adversaire des yeux. Il se trouvait à une dizaine de mètres à ma gauche, me fixant de ses yeux noirs de jais. Sans hésiter, je tirais une flèche de mon carquois, bandait mon arc, et le relâchais. Lui transperçant l'épaule de pleins fouets, il s'écroula sur le sol, inerte.

Reportant mon attention sur mes ennemis encore vivant, je découvrais un grand homme imposant en train de battre à mort une jeune fille d'environ douze ans. Je m'élançais dans une course folle, sautant par dessus les corps sans vie, préparant mon épée. Je la levais vers le ciel en approchant, mais alors que je n'étais plus qu'a un mètre de lui, il tira la sienne de son fourreau, lâcha la gamine et me chargea. Prise de court, je n'eus pas le temps d'esquiver son attaque, et par conséquent, le sabre me fit une entaille profonde au bras, ce qui redoubla ma douleur, me faisant accroupir sur le sol. Le souffle court, serrant les dents, je me relevais, instable. Mais cette fois ci j'eus le temps de le voir venir et de l'esquiver avec moi d'allégresse que je le pensais, car je retombais lourdement sur le sol, ma blessure à la jambe s'enflammant sur ma peau à vif.

Décidant que mon épée ne serait pas le meilleur moyen de venir à bout de cette brute, je prenais mon arc, et le bandait d'une flèche. Je coupais ma respiration, cherchant la bonne position de mes bras tremblants de fatigue. Je n'eus pas la précision de ma précédente victime, car elle ne fit qu'érafler le torse de l'homme. Je profitais tout de même de son moment d'inattention pour jeter un coup d'oeil vers la jeune fille. Elle regardait la scène se dérouler, une lueur de peur intense scintillant dans ses yeux émeraude. D'un regard méfiants, elle me remercia et s'enfuit. Déconcentrée, je n'eus pas le temps de le voir venir .. J'eus seulement le temps de sentir une douleur indescriptible au niveau du bassin, puis ma vue se brouilla, un son sortit de ma bouche. Ensuite, le noir. Complet. Le vide. Impossible de décrire ce qui se passa entre temps.

Lorsque je rouvris les yeux, rien avait changé autour de moi. Toujours autant d'hommes se battaient, hurlaient, tombaient .. Je ne pourrais dire combien de temps j'étais restée inconsciente : une minute, une heure, une journée ? Moi même je me croyais morte. Lorsque je me relevais, la douleur qui avait disparue pendant mon inconscience revint encore plus présente qu'avant mon évanouissement, me ramenant brutalement à la dure réalité. Autour de moi, les hurlements déchirants me tuaient les oreilles. Mais celui qui suivit résonna en écho dans mes tympans. Lorsque je cherchais la source du cri, je crus que mon coeur allait lâcher. J'eus à peine le temps de voir un homme posé une lame sur le cou de mon frère avant que je n'enfouisse mon visage au creux de mes mains, terrifiée.

Je n'avais même pas réagi. Au lieu de courir pour le sauver, je n'avais fait que me recroqueviller, cherchant à cacher mon horreur face à se spectacle. Il fallait que j'aille voir. Il était peur être encore temps de le sauver. Ou de le venger. Je me levais donc, grimaçant en tentant vainement d'ignorer la douleur qui m'arrachait littéralement la jambe. Tuant tout ce qui se trouvait sur mon passage à l'aide de ma rapine, je tranchais, coupais, la plantais sans pitié dans tout ce qui venait me faire obstacle, ne gardant comme cible que le visage de l'homme qui haletait devant un corps allonger sur le sol. La respiration saccadée, je sortais une flèche, la meilleure, celle que je gardais d'habitude pour le coup de grâce finale, armais mon arc, et le bandais. Les yeux embrumés de larmes coulants à flots sur es joues trempés, je la lâchais, en poussant un cri de désespoir.

Il n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait que la flèche lui transperçait le torse, en plein coeur. Une fois que son corps imposant ce fut écroulé sur le sol ensanglanté, je me mis à courir, sprintant pour rejoindre mon frère. Les cheveux au vent, je dérapais sur l'herbe et m'accroupissais devant lui, incapable de retenir mes larmes. A l'agonie, il tenta d'ouvrir ses yeux, et m'offrit un mince sourire plein d'amour, ainsi qu'un regard empli de compassion. Pourquoi lui ? Tout sauf mon frère que je chérissais plus que ma propre vie. Une grande plaie béante gisait au niveau de sa gorge. Sa respiration était irrégulière, et sa poitrine ne se soulevait que par saccade très espacé. Il souffrait. Enormément. Et dans ses yeux couleurs d'ors, je voyais de l'imploration. Pourquoi était ce à moi qu'incombait cette tache ? La seule chose qui m'aurait été incapable de faire l'être le plus cher à mes yeux me le demandait, me suppliait. Il souffrait trop. Sortant mon épée dans un crissement distinct, je le regardais une dernière fois, et me penchait sur lui.

« Je t'aime. Ta petite soeur ... Eliranne ... »

All for You.

Puis, je levais le sabre vers le ciel, le laissant scintiller quelques secondes au soleil qui venait de faire son apparition entre deux nuages, et lâchais de toutes mes forces mon bras sur le ventre d'Orest. Ne la retirant pas toute de suite, restant dans ma position, je laissais librement couler mes larmes sur son sang, qui s'éclaircit au contact des petites gouttes d'eau salée. Puis, voyant que sa vie n'était plus, je me relevais, ignorais une fois de plus la douleur, et retirais mon épée de son corps imbibé du liquide rouge visqueux. Puis, m'élançant dans un cri de guerre et de désespoir confondu, je fondis sur tout ce qui tombais sous la lame luisante de mon épée. En repensant à ma famille qui n'était plus, qui devait giser quelque part sur le champ de bataille, partie rejoindre mon frère dans l'au delà, je restais la seule Trèfle de mon clan encore en vie ici.

« Tout pour vous ! Hurlais je dans un souffle. »

Tuant tout ce qui se trouvait sur mon chemin, ne faisant plus la différence entre amis d'ennemis, les larmes se remirent à couler à flots en voyant le corps inerte de ma mère, entourer d'un marre de sang, allongée près d'un arbre. Décidant de ne même pas m'arrêter, je continuais de courir, vers l'inconnu, et qu'importe ? Maintenant que j'étais une orpheline de dix sept ans, qui voudrait de moi ? Jetant mon épée devenue rouge vif dans l'herbe de la même couleur, je fermais les yeux, et continuais ma route : Vers le noir. Le vide. Voilà ce que représentait l'inconnu pour moi. En définitif : Rien.

Soudain, le noir devint blanc, et mes yeux embués de larmes s'ouvrirent sur un soleil voilé par les nuages. Ce n'était donc qu'un rêve ? Seulement le fruit de mon imagination ? Le soulagement m'envahit, et je laissais se former un grand sourire sur mes lèvres, tandis que je me levais. L'herbe verte et encore pleine de gouttes de rosée du matin me chatouillait les pieds lorsque soudain, des cris me parvinrent aux oreilles. Des cris ... De guerre ? Prise d'une soudaine peur panique, j'avançais lentement vers la pente qui s'étendait devant moi, anxieuse. En contrebas, la combe joncher de cadavre était en pleine bataille, guerrier contre guerrier, épée contre épée, et moi je restais là a les regarder, tandis que mon rêve prenait peu à peu vit devant mes yeux écarquillés. Je tournais rapidement la tête sur le côté. Oui, ma rapine était posée là, et attendait bien sagement que je tue. Que j'ôte la vie.

Deep Shadows.

Etant donné que je connaissais déjà le déroulement des évènements, plusieurs sentiments se confondaient en moi. Le sarcasme de pouvoir prévenir les coups et attaques de mes ennemis, mais aussi la tristesse de savoir que plusieurs membres de ma famille mourront sous mes yeux. Sans attendre, je dévalais la pente dans un cri de guerre puissant. Tout recommença comme dans mon souvenir. Je m'arrêtais quelques mètres juste avant l'endroit où je me trouvais dans mon rêve, et la flèche qui était censé m'écorcher la jambe fusa dans le vide. Un sourire satirique vint se former sur mes lèvres tandis que je plantais ma lame dans le ventre d'un petit gringalet. La dague passa à plus de cinq mètres de mi lorsque au lieu d'envoyer ma flèche dans l'épaule de mon agresseur elle lui arrivait en plein coeur.

Tout se passait en accélérer. J'évitais la flèche près de mon bras, tuais l'assaillant de la jeune fille, et ne regardais surtout pas dans sa direction, courant plutôt au coeur de la bataille pour ne pas m'évanouir comme je l'avais fait précédemment. Le seul problème fut que n'étant pas au même endroit que lorsque j'avais perdu connaissance, lorsque le cri terrifiant de mon frère résonna dans la combe, je ne trouvais pas tout de suite son corps sur le sol. Mais son assassin fut facile à localiser, et je le tuais aussi facilement qu'un vieillard infirme. Mon couteau fusa et lui atterrit au centre de la poitrine. M'accroupissant près de mon frère, je sortis mon sabre, et sans attendre qu'il souffre d'avantage et une seconde fois, je lui plongeais dans le ventre, et le ressortais d'un seul coup. Je me levais et lui tournais le dos, sans même un regard pour lui, ni une parole.

Je ne cherchais même plus à m'enfouir dans le combat. Seul le dégout me venait a l'esprit, et je rangeais mon arme à ma ceinture en marchant droit vers les collines au loin. Aucun sentiment perçant ne venait perturber mon impassibilité. Mais c'est alors qu'un seul vint m'empêcher d'avancer. La culpabilité me figea. Celle d'avoir tué sans pitié, celle de n'avoir versé aucune larme pour la mort de mon frère, de ne m'être même pas retourné, d'être partie ... Toujours dans mes pensées sombres et noirs, les larmes me montèrent aux yeux. Ayant la vision brouillée, je n'eus pas le temps de voir venir la flèche qui me transperça le dos. Me coupant le souffle, le sang coula de la plaie béante. Mes genoux ne soutenant plus mon poids, je m'accroupis, avant de m'écrouler sur le sol, avec pour dernière image les yeux vitreux de mon frère mort, regardant le ciel sans le voir. Tandis que ma dernière pensée fut que je pourrais lui demander pardon, ses yeux se tournèrent vers moi, lourds de reproches, avant que je ne sombres avec lui dans les abysses de la mort.

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MessageSujet: Re: Alouna Paradise   Sam 16 Fév - 10:47

Rien qu'un Sourire.

Un geste. Une main tendue. Un sourire. Rien qu'un sourire. Parfois, juste cela peut changer, tout changer ... Toucher du doigt l'immensité n'est pas donné à tout le monde. Il y a de la beauté partout, pour qui veut la voir, mais personne ne regarde vraiment. Jamais ils ne se donnent la peine de chercher, de comprendre ... La terre est vaste, et qui ne tente rien à rien. Tout le monde m'a demandé d'oublier, tout le monde m'a dit : Tu dois essayer de ne plus y penser, tu dois tourner la page. Mais je ne veux pas oublier. Pourquoi vouloir tenter d'oublier un sentiment si lointain, à la fois si triste mais aussi joyeux et émotionnel ...?

C'était un soir. Il faisait nuit noir au dehors. Assise sur le canapé, je regardais tranquillement la télévision, la tête de ma mère posée sur mes genoux, les yeux fermés. Tout était calme, seulement les cris des joueurs de tennis qui tapaient dans la balle dans le grand écran au milieu du salon. Je frissonnais, et me rendais compte que la grande baie vitrée était restée ouverte. Je déplaçais doucement la tête de ma mère endormie sur un coussin et me levais pour aller fermer la fenêtre. Lorsque je revenais m'asseoir, je prenais tout de même un grand châle, et je m'enroulais dedans.

Les Frères Bryans, qui jouaient en ce moment sous mes yeux contre deux Espagnols que je ne connaissais pas, étaient en train de les battre à plat de couture, pour la simple et bonne raison que c'était les deux meilleurs joueurs de double mondiaux, y compris les jumeaux les plus connus dans le monde du tennis. Je n'étais pas fan de ces deux frères, mais il faut bien dire que je les trouvait plutôt mignon, y compris Mike. A la longue de les regarder jouer, je me suis rendu compte autant de leur différence physique que psychologique. En interview, ils n'avaient pas les mêmes paroles, les mêmes mots, les mêmes réactions, que sont censés avoir les jumeaux.

Et pour le physique, tout simplement, il n'avait pas la même couleur d'yeux, pas la même musculature ... Mais seule une experte de mon genre pouvait voir ces espèces de petits détails invisibles pour des personnes comme mes parents. Concentrée dans les coups fulgurants que se lançaient les adversaires à la télé, je n'avais pas remarqué que ma mère s'était entre temps réveillée. Je ne m'en rendis compte seulement lorsqu'elle passa devant moi, me regardant de ses yeux cernés et endormis. Elle m'ébouriffa les cheveux et me dis d'une voix las :

« Traîne pas trop, il est tard.

- Mais maman, demain j'ai pas cours, c'est samedi, laisse moi finir le match, reste plus que quelques jeux et ils ont gagnés, rissolais je.

- Bon d'accord, mais après tu files au lit. »

J'acquiesçais, puis l'embrassais sur le joue avant qu'elle ne ferme la porte et parte se coucher. Je me retrouvais seule. Ma maie dormait déjà et mon père était sur l'ordi. Je m'installais bien confortablement et fixais mes yeux sur le terrain. Lorsque j'entendis le commentateur hurler, je baissais le regard vers bas de l'écran, vers le tableau des scores, et me rendis compte que c'était la balle de match. Toute contente, je me relevais en position assise, les jambes en tailleurs. C'était Bob qui servait. Il tenta un ace, qu'il rata. Servant sur sa deuxième balle, le point dura très longtemps, toujours en fond de cours, jusqu'à ce qu'un des Espagnols fasse une amorti.

Bob courrut, dérapa sur le sol terreux, mais dans sa glissade, ses pieds s'emmêlèrent et il la termina en une roulade plutôt inquiétante. Je grimaçais lorsque, au sol, il ne se relevait pas. Je regardais la scène, la tête appuyée contre l'accoudoir du canapé. Son frère ne se relevant toujours pas, Mike trottina jusque à lui. Il se baissa puis pris son jumeau par dessous les bras, et le souleva, comme une mère le ferait avec son enfant. Une fois debout, il passa son bras autour de ses épaules et le soutint jusqu'à sa chaise, tandis qu'il boitait et lui murmurait quelque chose. J'écarquillais les yeux, sans savoir vraiment pourquoi.

Bizarrement, je ne savais pas ce qui m'arrivait, comme si quelque chose m'avait pincer le coeur, comme si quelque chose de fragile c'était rompu en moi ... Je ne cherchait pas plus loin, mettant ça sur le compte de la fatigue. Me rallongeant pour voir la fin du match, mes yeux se fermèrent doucement, lentement, sans que je puisse les retenir. Avant que mes paupières ne se ferment totalement, une larme coula sur ma joue, mais je l'effaçais du revers de la main avant de sombrer dans le monde des rêves.

***

Je sentis une caresse, puis une petite secousse. Lorsque je me décidais à me réveiller, j'aperçus la tête de mon père. Je me frottais les yeux, et me retrouvais avec les mains noires. J'avais oublié de me démaquiller. Tant pis ! Je réfléchissais, me demandais quel jour nous étions, quelle heure, où est ce que j'avais dormi et qu'est ce que j'avais vu hier soir ? Oh mon Dieu !

« Quelle heure il est Papa ? Je vais être en retard en cours !

- Calme toi chérie, on est samedi aujourd'hui. »

Je poussais un soupir de soulagement. Mon père me laissa tranquille tandis que je m'enfermais dans la salle de bain. Je me débarbouillais, puis me douchais. Une fois toute propre et réveillée pour de bon, je m'habillais et allais prendre mon petit déjeuner habituel : quatre tartines de beurre avec du lait chocolaté. C'est seulement en rangeant mon bol que je levais les yeux vers l'horloge de la cuisine et me rendais compte de l'heure. Onze heures et demi ?! J'avais dormi aussi longtemps ? D'habitude ce n'était que dix heures, maximum ... Je fermais le lave vaisselle et rentrais dans la chambre de mon père :

« T'aurais pu me réveiller avant quand même ! T'as vu l'heure ! »

Haussant un sourcil, mon père me regardant d'un air que je ne pourrais décrire avant de me dire de sa voix grave :

« Je me suis dis que tu avais sommeil, étant donné que tu t'es endormie sur le canapé, t'as du te coucher tard.

- Oui, mais c'est pas une raison ... Ronchonnais je. »

Je quittais sa chambre pour me rendre la mienne. J'ouvrais mon ordinateur et me connectais sur FaceBook. Pas de nouvelles notifications. J'allais me déconnecter lorsque Laurie, ma meilleure amie, me dit par message : Hello ! T'as pas oublié, tu viens chez moi à deux heures hein ! Je poussais un crie et mis ma main devant ma bouche. J'avais totalement oublié ! Mais, évidemment, je ne lui dis rien, même si ça ne servit pas a grand chose : Oui oui, dis je. Mais elle me répondit sur un ton moqueur : Ouais ouais c'est ça t'avais oublié !! Sans même lui répondre, je quittais la page et fermais mon portable.

Mais qu'est ce qui m'arrive ..?

Les yeux plissés tandis que je me mordais la lèvre, je regrettais immédiatement ma réaction impulsive. Mais pourquoi avais je fait ça ? Moi qui d'habitude réagissait en rigolant, prenais toujours les remarques de Laurie a la légère ... J'eus un mouvement vers mon ordinateur, mais je renonçais. J'irai chez elle tout a l'heure, et je prétexterais un problème de connexion. Je pris mon livre et m'installais confortablement sur mon canapé. Le Prestige de Christopher Priest que j'avais entamé il y a un peu moins de deux semaines, était aussi captivant et intéressant que le film, même si le suspens de la fin était rompu mais cela ne gâchait rien a la beauté du texte.

Au bout de deux pages, je me rendais compte que je n'avais même pas retenu ce que je venais de lire. Je retentais une deuxième fois, mais au second paragraphe, je me surpris à penser a autre chose. Je mis mon marque page, et fermais le bouquin. Je décidais autre chose. Un petit épisode des Enquêtes de Murdoch en Replay me plairait peut être mieux. Je cherchais donc cette série sur le Replay de France 3 mais ne le trouvais pas. Je pestais. Décidément, je portais la poisse aujourd'hui ! Je décidais donc de me regarder un épisode cette fois ci de l'Epervier, avec mon Yann que j'aimais tant.

Je passais le DVD dans le lecteur et baissait le son pour ne pas réveiller ma mamie qui dormait encore. Au bout d'une heure, a la fin de l'épisode, je m'étais prévue d'en faire un deuxième, mais lorsque je me levais pour aller aux toilettes, j'écarquillais les yeux devant ma montre : 13H30. Déjà ?! Je courais dans ma chambre pour prendre ma veste et filais mettre mes chaussures tout en hurlant, oubliant ma grand mère :

« Papa, dépêche, on va être en retard !! »

Je n'eus pour tout réponse qu'un bruit sourd. Une fois mes converses lassées, je me relevais et allais dans le couloir. Je cherchais mon père dans toute la maison avant de me rendre compte qu'il était encore dans la douche. Je frappais à la porte pour être sur qu'il m'entendre, avant d'aller m'affaler sur mon lit, certaine de devoir attendre encore un bon quart d'heure et d'arriver après l'heure convenue, mais étant donné que mon père était le roi pour toujours faire des choses au dernier moment, Laurie et sa famille avait l'habitude.

Les mains derrière la tête, les yeux fixés au plafond, mon esprit s'évada dans un monde de rêves éveillé. Beaucoup de questions, parfois dans réponses, bouillonnaient dans ma tête, plusieurs idées, et même juste un seul mot, venaient se superposé dans mon âme, jusqu'à menacer de la faire exploser. Lorsque mon père m'appela, je sursautais et revint brutalement a la réalité. Je me relevais, un peu vite, car j'eus la tête qui tourna légèrement, mais sans plus. Je le découvris sur le as de la porte, adossé au mur blanc. Il me dit en ricanant :

« Alors, c'est qui attend, hein ?

- Oh ca va, je t'ai attendu pendant quatorze ans, tu peux bien m'attendre cinq minutes ! »

Ma réponse avait été sèche et brutale, et le sourire qui ornait le visage mon père s'effaça aussitôt, et je m'attendais à une remballe, mais il ne me dit rien. Toutefois, j'étais plutôt fière de ma phrase, qui, dans le fond, était bien vraie. Je montais dans la voiture et mit instantanément mes écouteurs sur les oreilles. Deep Shadows, de T.T.L résonna en écho dans mes tympans, comme si elle reflétait en ce moment mes propres pensées, c'est à dire sombres et noires. Je vis les lèvres de mn père bouger sans qu'il n'en sorte aucun son. J'enlevais un de mes « bouchons » comme il se plaisait a les nommer, mais je n'entendis pas sa phrase.

« Quoi ??

- Je te demandais qui avait gagner le match, hier, du coup ?

- Bah c'est celui qui a pas perdu ! Dis je en rigolant.

- Ah nan tu me la fait pas celle la !

- Tu me la fait tellement souvent, tu m'influences !

- Du coup, c'est qui quand même ?

- Bah devines.

- Les Bryans.

- Bravo Papa !! »

J'entretenais une relation avec mon père proche de l'amitié. Toujours à rigoler, se taquiner, à se faire des blagues, ou parfois à s'engueuler, nous nous entendions plutôt bien, nous pourrions presque dire que nous avions une relation de frères et soeurs. Tandis qu'avec ma mère, ce n'était pas froid, mais il n'y a pas que du faux la dedans. Je n'arrivais jamais ou presque à le faire rire, elle était toujours à me demander des choses, dès que je voulais faire quelques choses pour rigoler, elle me criait dessus, comme un enfant qui a fait une bêtise. Et les disputes entre mes parents n'étaient pas la pour arranger les choses. Dès que ma mère disait quelque chose, mon père la contredisait, se mettait à hurler, et ça partait en vrille. Dans ces moments-là, je m'enfermais aux toilettes en me bouchant les oreilles, tentant de ne pas pleurer. Mais parfois cela m'était impossible, mes nerfs lâchaient et je me mettais à sangloter pathétiquement sur la cuvette. Une fois le calme revenu, je m'apercevait souvent en sortant de mon antre que l'un de mes deux parents étaient sortis pour « prendre l'air » ou en l'occurrence pour oublier et destresser.

***

La musique de Sherlock Holmes dans les oreilles, je sentis que quelqu'un me pinçait. Instinctivement je fis un grand geste pour me dégager. Mon père me lançait un regard sévère et agita la tête pour me montrer la maison de Laurie qui se dressait devant nous. Je soupirais, cliquais sur pause puis retirais les écouteurs pour les ranger dans ma poche. J'attrapais mon sac et claquais la portière de notre vieille Citroën en sortant. Je sonnais et attendis que ma meilleure amie vienne m'ouvrir. Comme à son habitude, elle passa d'abord la tête par sa fenêtre, me fit un signe de la main avant de disparaître et de revenir quelques secondes plus tard dans l'entrebâillement de la porte d'entrée. Je m'approchais, lui fis la bises, la serrant dans bras -plus de trois semaines sans ma meilleure amie, c'était dur- et entrais. Mon père resta sous le porche, Chouchou -tel était le surnom de la mère de Laurie- étant en train de dormir. Il me dit au revoir, mais je l'ignorais. Enlevant mes chaussures je me dirigeais vers la chambre de Lau'.

« Toujours aussi bien rangée à ce que je vois, dis-je d'un ton ironique. »

Une sourire se forma sur ses lèvres et elle riposta :

« Roh ca va j'ai pas eu l'temps.

- T'en fait pas, si ce soir elle est toujours comme ça c'est que je suis malade !

- Ouais en gros ça veut dire que dans la journée tu vas t'éclater à la ranger ?! Mais t'es la pour ça Alouna Mimi !

- Mais si figure toi !! »

Nous nous mîmes à rire en choeur. Alouna Mimi était le nom qu'elle avait choisi lorsque nous étions petite, car c'était soi-disant plus facile à prononcer que Anouck, mais maintenant, elle retirait souvent le « Mimi » pour ne laisser qu'un « Alou. » Pour ma part, je ne m'étais pas compliqué, depuis mon plus jeune âge, Laurie c'était transformé en un Lau' que j'étais seule à utiliser, étant donné que mes parents et autres adultes l'appelaient Lolote. M'affalant sur son lit encore défait, j'enlevais ma veste et le jetais au sol. M'adossant au mur, je lui demandais ce qu'elle était en train de faire, même si je connaissais déjà la réponse.

« Devine !!

- Tu dansais !

- Han t'es trop forte !!

- Sur quoi ?

- Helen Jane Long et le Lac des Cygnes.

- T'as pas mis tes pointes ?

- Nop, j'ai justes mis les chaussons. Tu viens ?

- Nan !!

- Allez si ! »

Elle me tira par le bras jusqu'à ce que je me lèves. Ce genre de taquineries que nous faisons ensemble étaient toujours les mêmes depuis des années. Laurie étant une passionnée de toutes les danses possibles et imaginables, je n'allais pas chez elle sans savoir qu'un cours de danse serait de rigueur. Classique, moderne, jazz... Elle savait tout depuis l'âge de 3 ans. Moi je savais le moderne, que j'avais pratiqué de 4 à 9 ans, puis la danse africaine, que je dansais toujours aujourd'hui avec ma mère. Je lui montrais parfois mes chorégraphies car étant d'origine Malgache, ça l'intéressait de voir comment sa famille danse, là bas. Alors que je plaçais mes mains sur les hanches, j'attrapais de justesse un collant qu'elle me lançait, ainsi qu'un justaucorps. Je les enfilais devant elle, sans complexe, avant de me placer à son bureau, qui nous servait de barre quand nous faisions du classique. Je lui demandais sur quoi nous danserions et elle me répondit Struggle for Pleasure de Wim Mertens. Je pestais intérieurement, mais elle vit mon désaccord et me demanda pourquoi :

« Quoi tu l'aimes pas ?

- Roh mais tu sais très bien que j'l'adore, mais elle est vachement rapide, ça nique les mollets.

- Bah c'est l'but allez ! »

Je soupirais avant qu'elle ne comment la musique. Une fois dans le bain, c'était plutôt agréable, mise à part ces pieds dans la main impossible... Alors que nous faisions des arabesques -bien moche pour mon compte je dois dire- e me réjouis qu'elle n'est pas remarqué ma petite colère de ce matin sur l'ordi... Je me maudits lorsqu'elle prononça ces mots :

« Au faut t'avais quoi t'a l'heure sur Facebook ? »

Avait-elle lu dans mes pensées ou quoi ?! Je mis un certain temps à me reprendre mais je finis tout de même par prétexter :

« Ouais désolée, ça a trop buger, j'ai plus eu Internet, fin voilà ça à fait de la merde quoi, désolée. »

Elle hocha vaguement la tête avant d'aller boire un coup. Je le suivis, essoufflée. Regardant la pendule de la cuisine, je m'aperçut qu'il était 16:00. Déjà ?! Une heure que nous dansions ? Ouf, pour ça que j'étais si fatiguée.

« Lau ca t'dis on bouffe ?

- S'tu veux y a pas grand chose.

- T'as du Nut ?

- Ouaip.

- Ca va alors !

- Ok je reviens je vais changer de t-shirt. »

En l'attendant, je sortis les set de table, le Nutella indispensable, le pain, ect. Je connaissais sa maison comme si c'était la mienne, et lorsqu'elle revint, je commençais déjà à tartiner un morceau de brioche. Elle s'assit à sa place et fit de même. Nous étions toute deux dans le silence avant qu'elle ne le rompe de voix suave :

« Et sinon, quoi d'beau ?

- Pas grand chose, Marina fait chier, et toi avec Alex ça va ?

- Oui, il m'envoie des messages trop chou.

- Ca fait longtemps en fait que vous sortez ensemble ?

- Nan juste deux semaines.

- Ok. »

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MessageSujet: Re: Alouna Paradise   Ven 22 Fév - 22:58


Tout le monde a une face cachée. La tienne a été dévoilée et le masque est tombé.


Chapter • Cauchemar au Manoir


Le poste était en effervescence. Tous les policiers, inspecteurs, supérieurs, courraient partout, répondant au téléphone qui ne cessait de sonner dans chaque pièce. J'étais, quant à moi, bien tranquille dans mon bureau, une tasse de café me réchauffant les mains, assis confortablement dans mon fauteuil, les pieds sur la table, regardant les personnes de la maison s'activer comme des abeilles à la tâche. Je travaillais souvent de nuit, et une heure du matin était mon heure de pose, et je devais donc reprendre vers deux heures, mais les nuits étaient souvent calmes. Etrangement, celle d'aujourd'hui aurait du être plus agitée que les autres, car c'était Halloween et les enfants ne se gênaient pas pour venir frapper à nos portes. Ce soir, au dehors, tout était calme et silencieux. Je passais la tête par la fenêtre, respirais un peu d'air frais et me rassis. Dans mes pensées, j'entendis le fichu Coucou de mon horloge qui sonna deux heures et demie. Je levais un sourcil et fermais les yeux. Je n'espérais pas m'endormir, mais ce fut pourtant ce qui arriva. Le lendemain matin, je sursautais en entendant la porte s'ouvrir et la voix de Georges, mon meilleur policier, m'appeler :

« Inspecteur Siefert, on a un problème, dit il d'une voix qui me paraissait bien essoufflée.

- Doucement Georges, qu'est ce qu'il y a ? Demandais-je en m'étirant longuement.

- Le Commissaire Jensen demande à vous parler, dit-il d'un ton plus calme.

- Dis lui que j'arrive dans cinq minutes. Et au fait c'est quelle heure ?

- Pardonnez moi mais il dit que c'est urgent, et il n'avait pas l'air de très bonne humeur. Il est six heures et demi, m'sieur.

- D'accord merci, j'arrive tout de suite, dis-je dans un bâillement. »

Il inclina légèrement la tête avant de refermer la porte en sortant. Je me frottais les yeux comme un enfant, me levais et me débarbouillais rapidement la visage à l'eau froide histoire de me remettre les idées en place. Une fois sur pattes, je prenais ma veste et sortais de mon bureau pour me rendre dans celui de mon supérieur, Tomas Jensen. Je toquais et n'attendais pas de réponse pour tourner la poignée. Le Commissaire avait pris la même position que moi la veille, c'est-à-dire plutôt à son aise, mais il l'abandonna en me voyant approcher. Il m'indiqua d'un signe de la main de m'asseoir. Je m'exécutais et le regardais, attendant qu'il me raconte ce fameux problème. Une minute de silence s'écoula avant qu'il ne lance de sa voix haut perché.

« Mon cher Siefert, je hais Halloween. C'est définitif, déjà que je n'aime pas les fêtes, celle-ci est bien la pire. Déjà que les bonbons sont dégueulasses, que les gamins viennent nous déranger en plein travail, faut en plus qu'il nous fasse travailler un jour férié !! Putain... Bon je vous explique le topo. Une dame, qui passe une fois par semaine au Manoir des Von Kanapka pour vérifier que tout est en « ordre » a retrouvé la grande pagaille, comme chaque année d'ailleurs : Petite parenthèse, les enfants viennent y jouer pour cette fête pourrie et là, lorsqu'elle est arrivée pour ranger le bordel qu'ils avaient mis, elle a trouvé soi-disant une dizaine de corps d'enfants ados, morts, dans tout le château. Elle a appelé le commissariat en pleurant.

- La pauvre dame, j'l'a comprends. Donc si j'ai bien compris, elle venait comme toutes les semaines, sachant qu'elle trouverait la pagaille des garnements, mais ne s'attendant pas à trouver dix corps sans vie dans la grande maison. Parfait, et j'en déduis que vous me confiez cette enquête..?

- Tout juste Siefert, vous êtes mon meilleur élément, je vous laisse choisir vos partenaires. Bonne chance mon vieux ! »

Il se leva et me tendit sa main par dessus le bureau. Je la lui serrais tout en lui adressant un sourire avant de sortir en fermant la porte. Le Commissaire et moi-même avions une relation proche de l'amitié mais parfois tendue au plus haut point. Je ne saurais comment la qualifier, étant donné que j'étais de nature timide et renfermée et lui spontanée. Mais je devais me porter sur l'histoire de ce meurtre. Je cherchais mon meilleur policier, Georges, ainsi que Jack et leur demandais d'amener leur équipe et de prendre les voitures : direction le Manoir des Kanapka. Ces gens étaient de riches marchands russes qui avaient achetés ce Manoir aux enchères sans jamais y habiter. Sans attendre, je sortais du poste et cherchais mes clés dans ma poche. Les trouvants tout au fond, j'ouvrais ma portière et m'engouffrais dans ma vieille Volkswagen. Lorsque mes inférieurs sortirent à leurs tours, je fis signe à Georges et Jack de monter avec moi. Une fois à l'intérieur, il me demanda en quoi consistait l'affaire et je lui confiais ce que Jensen venait de me dire. Jack ouvrit de grands yeux une fois l'histoire terminée, et se demanda qui aurait l'audace de tuer de pauvres enfants innocents.

« Peut être ne l'était-il pas tant que ça, qui sait, dit Georges avec autant de tact qu'à son habitude.

- Mais qu'est-ce-qu'un enfant pourrait faire de « méchant » ..?

- Un adolescent, rectifia-t-il, Jack, ça peut faire beaucoup de choses !!

- Bouclez-la, les interrompis-je, on arrive. »

La forme sombre du grand château se formait dans la lueur de l'aube. Le portail était ouvert, et une dame en larmes nous attendait à l'entrée. Je me garais dans une espèce de parking en graviers, suivis de deux autres voitures de police et sortais en claquant la porte et rentrant mon retroviser. Je me dirigeais vers la femme, d'une cinquantaine d'années environ, et lui relevais la tête. Ses yeux rouges étaient mouillés et ses joues trempées de larmes. Elle était encore traumatisée, et je demandais à l'un des policiers de la ramener au commissariat où je l'interrogerais moi-même à mon retour. Une fois que deux policiers furent montés avec elle dans la voiture, j'ordonnais à Georges et Jack de passer devant. Presque tremblant, ce dernier ouvrit la porte qui grinça. A l'intérieur, une odeur fétide m'imprégna la gorge.

« Aucune lumière, Inspecteur.

- Sortez les lampes de poche en attendant que le soleil nous éclaire, dis je. »

Ils s'exécutèrent. Je sursautais en découvrant des corps inertes, allongés sur le sol, éparpillés dans la grande salle. Par terre, sur la pierre grise, le sol était intact, sans aucune trace de sang. Sans attendre, je m'avançais à lueur de ma lampe torche et m'accroupissais au près d'un des enfants morts. Son corps était aussi impec' que la pierre. Je levais la tête vers le plafond, comme pour réfléchir. J'appelais mes deux compagnons qui attendaient à l'entrée, tandis que leurs policiers examinaient la pièce. Je leur fis signe de me rejoindre. Une fois accroupis à mes côtés, ils m'interrogèrent du regard :

« Jack, sortez et appelez le docteur Kermeur, il faut qu'elle fasse une autopsie. »

Il hocha la tête avant de sortir. Je me tournais vers mon second qui attendait toujours les ordres.

« Toi, tu viens avec moi au commissariat. Laissons les policiers examiner la pièce tandis que j'interrogerais Madame Hall. »

Il acquiesça et me suivit jusqu'à la voiture. Avant, je m'arrêtais sur la pas de la porte et donnais les instructions aux hommes restés dans le Manoir. Ensuite, je grimpais côté passager et Georges démarra. Après dix minutes de route, le poste fut en vue. Je descendais du véhicule et entrais. Sans attendre, je me dirigeais vers la salle d'interrogatoire. J'entrais en trombe et trouvais la femme effondrée sur l'unique table de la pièce. Elle releva la tête à mon entrée avant de s'essuyer les yeux. Elle se reprit. Je m'assis en face d'elle et entamais mon questionnaire :

« Madame Hall, où habitez vous ?

- A dix-quinze minutes à peine de chez les Kanapka, et à deux ou trois environ du Manoir.

- Hum, et hier soir, vous n'avez rien entendu d'anormal ? Des coups de feu par exemple ?

- Non, seulement les cris des enfants dans la rue, mais ce n'est pas nouveau.

- Bien, et vous dites que vous avez découvert les corps tôt ce matin ?

- Oui, juste avant que je vous appelle.

- D'accord. Que savez vous des Kanapka ?

- Je sais qu'ils ont beaucoup d'argent et qu'ils ont plusieurs maisons dans le monde entier. Mr Kanapka est très gentil mais Madame n'est pas très amicale, elle ne veut jamais me donner mon pourboire, elle le fait souvent à contre-coeur.

- Je vois. Et est-ce-que vous verriez quelqu'un qui en voudrait à ces enfants au point de les tuer ?

- Non, je ne vois pas. Madame est peu sociable et toujours ronchon mais pas aussi cruelle au point de tuer de pauvres petits enfants.

- Bien merci Mme Hall, mais si vous le permettez, je voudrais que vous restiez au poste, car on ne sait jamais si le tueur pouvait revenir...

- Oh non s'il vous plait monsieur l'Inspecteur, laissez moi rentrez chez moi !!

- Mais je ne peux...

- Laissez la partir Siefert, je ne vois pas qui pourrait tuer une si gentille femme.

- Merci monsieur l'Inspecteur !

- Commissaire.

- Oui, pardon. »

Une fois qu'elle fut sortit, je me levais et me dirigeais vers le Commissaire Jensen qui avait fait irruption dans la salle. Je lui confiais que je ne trouvais pas son idée excellente, mais il coupa court à la conversation. Me retrouvant seul dans le couloir, je rentrais dans mon bureau lorsque le Coucou de mon horloge me fit sursauter. Je levai les yeux : 12h00. Je sentis mon estomac crier famine. Je ressortis donc et me dirigeais vers le distributeur. Je fouillais dans mes poches et trouvais 2€. Juste de quoi me payer un petit sandwich. Je choisissais le jambon fromage, et commençais à le déguster en me rendant dans mon bureau. Réfléchissant à cette histoire, je ne me rendis pas compte que le docteur Kermeur attendait à la porte. Je sortais de mes pensées et l'invitais à entrer. Je lui demandai ce qu'elle avait découvert et elle me l'expliqua dans les plus infimes détails :

« Donc j'ai autopsié le corps d'un enfant que j'ai présumé avoir onze ou douze ans. Il était mort depuis déjà plusieurs heures, je dirais aux environs de onze heures et demi ou minuit. J'aimerais que vous veniez voir, mais ce n'est pas le plus important, venez. »

Elle me fit un signe de la main tandis que je la suivais jusqu'à la morgue. La puanteur habituelle qui régnait dans cette salle m'emplit les narines. Je fronçais le nez en m'approchant du corps charcuter par le docteur. J'écoutais ce que Anouck Kermeur avait à me dire. Elle me montra les bonbons qu'elle avait ramassé dans un sac dans la main de l'enfant. Au lieu d'être blanc comme l'était normalement les Arlequins, ceci était bleu noir. Elle me montra ensuite un flacon de liquide de même couleur. Elle m'expliqua qu'elle avait déposé une goutte d'un liquide dont je ne me souviens plus le nom sur ce bonbon. Elle m'indiqua que ce liquide devait soi-disant réagir à la présence d'un poison, et une fois le liquide en contact avec friandise, celle ci vira au noir. Elle m'avoua ensuite que ce sang, qu'elle me montrait, étant celui du garçon, contenait de ce poison. Du cyanure, me dit-elle... J'écarquillai les yeux. Un poison si rare. Je remerciais Anouck avant de sortir du poste et de prendre le volant. Lorsque le Manoir fut en vue, je vis la dernière voiture de police sortir du parking. Je klaxonnais et ouvrais ma vitre pour demander :

« Alors, vous avez trouvé quoi ?

- Bah rien, ça fait chier, on a aucun indice, mais le Commisaire à appeler, il a besoin de nous, mais on doit y retourner après, on a pas fini. Tu vas où toi ?

- Interroger les Kanapka, ça pourra toujours servir. Allez, à plus ! »

Il hocha la tête et repartit. Je remontais ma fenêtre quand je me garais devant la luxueuse maison des Russes. Dès que je sortis de ma Volkswagen, le vent glacial me fouetta le visage. Je fermais ma veste et sonnais. Une femme vêtue comme une domestique vint m'ouvrir la porte et me demander qu'est ce que je venais faire là. Je lui montrais ma plaque d'Inspecteur et elle haussa un sourcil. Je lui demandai de ne pas poser de question et celle ci m'indiqua le salon où je devais attendre. Je m'installai confortablement dans un fauteuil de cuir en attendant mes hôtes. J'en profitais pour observer les lieux dans les moindres détails. Grande cheminée, canapé du XIX ème siècle d'après moi, statues et ornements en tout genre. Et domestiques bien sur. * Bah putain y ont de l'argent à foutre par la fenêtre hein ! En plus avec des domestiques, c'est vraiment n'importe quoi, pensais-je. * Une voix résonna ensuite dans la pièce.

« Que me vaut l'honneur de votre visite, monsieur ? »

* Et bah, rien qu'le langage, ça promet. *

« Bonjour, Mr Kanapka, je suis l'Inspecteur Siefert, chargé de l'enquête sur le meurtre des enfants dans votre Manoir pas loin. J'aimerais vous poser quelques questions. Votre femme n'est pas avec vous ?

- Oh oui c'est ignoble, je me demande qui a bien faire une chose pareille. Non elle est partit depuis tôt ce matin et n'est pas encore revenue, je suis navré.

- Bien. Premièrement, connaissez vous quelqu'un d'autre qui avait les clés de votre Manoir mis à part vous ?

- Oui, Madame Hall, mais personne d'autre.

- Ah oui nous l'avons déjà interrogée. Savez-vous qui pouvait vouloir du mal à ces enfants..?

- Oh très bien. Eh bien ma femme ne les appréciait pas particulièrement, mais pas au point de les tuer, loin de là !! Elle est même allée acheter des bonbons en ville hier. Des arlequins il me semble, chaque année ils en demandent.

- Hum hum... Et que faisiez vous hier entre onze heures et demi et minuit ?

- Je donnai un reception. Ma femme, les domestiques ainsi que les diplomates présents hier pourront en témoigner. Mais Resa est montée se coucher vers onze quarante cinq, elle ne se sentait pas bien.

- Oh. Savez-vous ce que les enfants faisaient dans le Manoir ?

- Oh rien de bien méchant, ils s'amusaient, jouaient, mais ce que je sais, c'est qu'ils se réunissaient tous là-bas et dégustaient leurs bonbons là bas tous ensemble.

- Allez vous souvent au château ?

- Quelques fois seulement, il y a des chambres pour dormir et de quoi faire à manger, mais c'est très rare que nous y séjournons.

- Bien, merci beaucoup Mr Kanapka, pourriez-vous m'appelez lorsque votre femme rentrera j'aimerais lui parler. Tenez, voici ma carte. »

Il acquiesça et me salua. Charmant, quoi qu'un peu coincé. Bof, j'avais l'habitude de croiser toutes sortes de personnalités dans mon métier, et la mienne étant de nature calme et curieuse, je m'entendais avec plutôt pas mal de personnes, sauf les chieurs qui veulent toujours avoir raison. En ressortant, un chien m'aboya dessus, mais je l'envoyai balader d'une tape de la main bien placé. En refermant le portail, j'admirais quelques secondes le paysage avant de rentrer dans ma voiture en frissonnant. Tout en redescendant au poste, plusieurs questions bouillonnaient dans ma tête, menaçant de la faire exploser. Je me garais sur un côté de la route et allais marcher quelques mètres dans un champ de coquelicots rouge vifs. C'est alors que la sonnerie de mon téléphone retentit. Je décrochais :

« Allo ?

- Ins... Inspec... Inspecteur !

- Georges, calme toi respire. Qu'est ce qui a ?

- Un meurtre. Fin nan, mais les policiers du Manoir ont retrouvés un corps !! Dans la cuisine ! Venez tout de suite s'il vous plait !

- J'arrive. »

Ah la la ce Georges. Toujours à stresser au moindre petit problème, tandis que contrairement à lui, l'envie et la joie étaient de retour dans mon esprit, car enfin un nouvel indice venait s'ajouter aux autres. J'avais beau connaître mon agent comme ma poche, comme si c'était mon propre fils, il n'acceptait pas de me tutoyer, alors que je le faisais sans peine, et c'était bien le seul. Même pour Anouck, envers qui j'avais une certaine affection, je ne tentais pas d'approches, sachant qu'elles seraient vaine. Je courrais à travers les grandes herbes et grimpais au volant, passant la seconde. Je me garais en catastrophe devant le Commissariat et entrais en trombe lorsque mon second, Jack, faillit me bousculer. Je lui demandais ce qui se passait et pourquoi tout ce brouhaha incessant, mais il ne fit qu'hausser les épaules avant de sortir en s'excusant. Je soupirais en cherchant mon agent du regard. Je le trouvais en pleine conversation avec notre supérieur Jensen, qui s'étonna presque de mon apparition soudaine :

« Ah Siefert ! Vous ne devinerez pas ! Décidément, les meurtriers sont pleins de ressources ces temps-ci, tuer une vieille dame à coups de couteaux et cacher son corps dans un placard de la cuisine, c'plutôt glauque, mais bon. Si vous voulez en savoir plus, c'pas à moi de demander, les policiers qui l'ont retrouvé sont avec le Docteur à la Morgue il me semble. »

J'acquiesçais avant de leur tourner le dos et qu'il reprenne leur discussion. Je traversais le poste de part en part et arrivais au « cabinet » d'Anouck Kermeur. Deux agents étaient avec elle. Elle me salua d'une bise rapide, et Tim me fit une tape dans le dos. De bons gars ces mecs. Je m'intéressais ensuite au corps de la victime, allongé sur un brancard, nu. Je m'approchais et regardais les plaies béantes disséminées sur son corps blanc cadavérique. Timothé m'expliqua qu'en cherchant dans la cuisine, ils avaient ouverts les placards et le corps leurs étaient tombés dessus, mais ils avaient aussi remarqué qu'un couteau manquait dans la rangée de ceux pour couper la viande. Surement celui qui a servi au criminel, m'affirma Anouck. Je hochai la tête, un peu perplexe... Comment trouver le coupable..? Il fallait déjà identifier la victime, ce que je m'empressais de faire remarqué au Docteur qui me donner le prélèvement de sang qu'elle avait effectuée. Elle m'affirma avec le plus grand sérieux l'identité de la vieille femme décédée. J'écarquillai les yeux, refusant d'y croire :

« J't'assure Yann ! C'est Madame Hall. »

J'eus un haut le coeur de plus. Me tutoyer et m'appeler par mon prénom devant mes agents de police me fit monter le sang jusqu'aux oreilles. Les pommettes rouges, je baissais le regard, faisant mine de réfléchir alors que je tentais de dissimuler autant ma gène que ma frustration. Mais si cette pauvre dame était Eugénie Hall, qui était la femme qui avait appelée sous ce nom et répondu à mes questions avec la plus grande aisance..? Forcément quelqu'un qui la connaissait très bien... Mais bien sur !! Sans attendre, je reposais l'échantillon, remerciais tout le monde et sortais en courant pour reprendre ma voiture. Ah que ce métier pouvait être épuisant parfois, à toujours faire des allers-retours... Mais c'était pour ça qu'il était excitant. J'appuyais sur l'accélérateur et pilais devant le portail de la maison des Kanapka. J'entrais dans le jardin et frappais de toutes mes forces. Mon coeur battait la chamade et ma respiration s'était réguler sur un rythme plus rapide que la normale. C'était dans ces moments là que j'adorais ce que je faisais, l'adrénaline de trouver le coupable, de savoir si vous avez raison ou tort... Je levais le menton lorsque Mr Kanapka lui-même m'ouvrit. Il m'interrogea du regard, et je le lui rendis sous forme de phrase :

« Mme Kanapka est-elle rentrée ? J'ai besoin de lui parler, c'est très urgent.

- Non je suis désolé elle n'est pas encore revenue.

- Bon alors permettez que je fouille sa chambre. Où est-ce..?

- Par... Par là, m'indiqua-t-il, un peu inquiet. »

Je grimpais les escaliers quatre à quatre, et prenais à gauche, comme il me l'avait dit. J'ouvris la porte : tout était vide et calme. Je commençais mes fouilles archéologique par les tiroirs. Je dépeçais le moindre placard, mais rien. Rien de suspect en tout cas. Puis je me baissais pour examiner le dessous du lit. J'en tirai une valise fermé par un cadenas. Je sortis de la chambre et attrapais une jeune femme et lui demandais si elle avait le double de la clé de cette valise. Elle hocha la tête d'un signe négatif sans ouvrir la bouche. Je soupirais puis un déclic vint m'éclairer l'esprit. Je cherchais dans la boite à bijoux et comme par magie, une clé était mélangée aux colliers et bracelets. Je l'enfonçais dans le trou et tournais. Bingo ! Doucement, j'ouvris la mallette. Un flacon remplit d'un liquide noir, des vêtements, des arlequins... Mais oui !! Je sortais avec précaution le petit récipient, mais je n'eus pas besoin de lire l'étiquette, le dessin en forme de tête de mort m'informa du contenu. Surement le cyanure contenu dans les bonbons, ces arlequins qui étaient posés non loin dans une poche. Je soulevais une chemise blanche immaculée, et manquait de pousser un petit cri devant ce que j'avais découvert : Un couteau, de cuisine, lisse et tranchant comme des crocs de lion. Je cherchais un mouchoir dans ma poche et le pris soigneusement entre les mains, l'observant de plus près. Il avait été lavé, sans aucun doute, mais pas assez bien pour un oeil aussi affuté que le mien. Je reposais l'arme dans la valise et la refermais avant de ressortir de la chambre, la mallette sous le bras. Puis je revins en arrière : j'avais oublié la salle de bain. Je fouillais rapidement les placards, mais n'y trouvais que des cosmétiques. Puis, j'enlevais tous les vêtements du panier à linge sale, les posants sur le sol. Un chemisier bleu était taché. Je passais mon doigt sur ma langue puis sur la tache rouge avant de reporter mon doigt à la bouche. Du sang ! Je fourrais le t-shirt dans la valise et ressortais. En bas, Mr Kanapka m'attendait toujours, et je sortis sans même un regard pour lui. Lorsqu'il remarqua ce que je transportais, il hurla :

« Monsieur ! Vous n'avez pas le droit ! Ce sont nos affaires !

- Ce sont des pièces à convictions monsieur, et je suis de la police, j'ai Tout les droits !

- Des pièces à convictions ? Mais de quoi parlez-vous ?

- Vous le saurez bien assez tôt. »

Sur ceux, je m'engouffrais dans ma Volkswagen et démarrais. Au fur et à mesure que je me rapprochais du poste, je réfléchissais : Les pièces du puzzle s'assemblaient peu à peu dans ma tête. Je commençais à comprendre cette mascarade. Le mari n'avait pas l'air d'être impliqué, mais on ne sait jamais, n'innocentons pas trop vite les gens. Je me garais à ma place habituelle, entrais dans la Commissariat, et me rendais directement à la Morgue.

« Bonjour Anouck. Tu pourrais analyser cette tache sur ce couteau ? Je la lui désignais. Tu peux voir si c'est une tache de sang et si c'est celui de Madame Hall ? La vraie, évidemment. Je m'en vais chercher la fausse.

- A vos ordres, chef ! Dit-elle sur un ton moqueur. »

Elle réussit à m'arracher un sourire alors que je sortais de la salle pour trouver un téléphone libre. N'en trouvant pas, car le poste était apparemment très demandé, je sortis mon portable et cherchais le numéro des Kanapka dans le Dossier que l'on avait intitulé : Halloween et Compagnie, Cauchemar au Manoir. Encore un nom à la Georges ça. A peine je tapais les chiffres sur mon clavier numérique que Jack déboula dans mon bureau en disant :

« Monsieur, on vous demande au téléphone, c'est Mr Kanapka.

- Ah merci ! Quelle cabine ?

- La 221.

- Parfait. »

Je me frottais les mains de plaisir, comme dans les films. Décidément, que de rebondissements !! Je décrochais le vieux combiné et dis :

« Oui, allo ?

- Bonjour Commissaire.

- Inspecteur. »

Cette phrase était tellement naturelle maintenant, chez moi, de toujours corriger les gens sur mon rang, mais j'avais l'habitude et je ne m'offusquais plus comme à mes débuts, autrefois souvent mécontent de devoir avouer mon grade moins important que celui que l'on m'attribuait à première vue.

« Excusez moi, Inspecteur. Je voulais vous prévenir, ma femme est enfin rentrée, je ne comptais pas vous le dire, mais elle me parait bizarre, comme... changée.

- Merci Monsieur nous arrivons sans tardez. Faites comme si de rien n'était, nous arrivons. »

* Ouiii, pensais-je. * Je courrais, bousculais la moitié des policiers au passage, et fonçais à la Morgue. Je fallis faire tomber le Docteur Kermeur en entrant. Je m'excusais alors qu'elle me confirmait la conformité du sang sur le couteau et de celui de la victime. Tous les indices allaient dans le même sens. Je n'avais pas demandé à Anouck de vérifier le sang sur le chemisier, mais d'après moi c'était inutile. Je la remerciais, et repartis en trombe, demandant au passage à Georges et Jack de me suivre avec deux hommes de plus. Nous recommencions le même trajet une fois de plus, mais ne nous arrêtions pas devant le Manoir, mais devant la baraque des Kanapka. Nous sortîmes et je toquais à la porte pour la troisième fois de la journée. Une domestique encore différente de la précédente nous ouvrit, et poussa un petit cri aigu en nous voyant tous les six. Impatient, je la bousculais et entrais.

« Où est Madame Kanapka ?

- Dans le salon, répondit elle d'une voix faible.

- Merci bien.

- On va pas vous bouffer hein, dit l'un de mes agents. »

Je le fusillais du regard. Il baissa les yeux, comme un chien qui a fait une bêtise. Je toquais brièvement devant la porte avant d'entrer sans attendre de réponse de l'intérieur. Mr Kanapka ainsi que Madame prenaient le thé. Très British pour des Russes. Au premier coup d'oeil, je sus que j'avais raison. Je reconnus ce visage froid et dur de la fausse, la Madame Hall qui nous avait dupé. Je m'approchais d'elle, et dis avec un malin plaisir qui ne me ressemblait pas :

« Madame Von Kanapka, vous êtes en état d'arrestation, pour le meurtre de Madame Hall et de plusieurs enfants innocents, par pur cruauté.

- J'ai un alibi ! Je donnai une réunion, mon mari peut en témoigner ! »

Ce dernier n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que Georges dit :

« Nous avons vérifier ! Vous êtes partis vers onze quarante cinq, prétextant un mal de ventre, et vous en avez profité pour vous éclipsez et aller tout organiser au Manoir. Puis vous êtes revenu, et le lendemain matin, vous avez tué Madame Hall et vous vous êtes fait passé pour elle. Les enfants étant morts sans trace de blessure apparentes...

- Et quel serait mon mobile, cher monsieur..?

- Le mobile ? Pas bien compliqué, répondis je. Vous haïssiez les enfants, et pour Madame Hall, vous étiez tellement avare que vous refusiez de la payer.

- Mais que dites vous j'adore les enfants, je leur ai même acheté des bonbons regardez !

- Oui, acheté des bonbons pour ensuite les empoisonner. Ce n'est pas la peine Madame, c'est fini.

Jack s'approcha d'elle et lui passa les menottes alors qu'elle se débattait. J'observais le regard de son mari. Aucune colère ou aucune tristesse ne s'y lisait. Seulement de la déception. Je pense qu'il ne devait pas considérer sa femme sous cet angle, mais c'était la triste réalité. Alors que mes agents attendaient avec la prisonnière devant la porte, je m'arrêtais pour la fixer.

« Tout le monde a une face cachée. La votre a été dévoilée et le masque est tombé. »

Le mépris se lisait dans ses yeux, et s'ils avaient pu être des fusils, je serais certainement déjà mort.

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MessageSujet: Re: Alouna Paradise   Jeu 4 Avr - 21:02

    La musique.

    La musique. Douce comme la soie. Lente rapide ou modérée, elle fait rêver nombre de gens qui savent l'interpréter. Elle crée une profonde amitié entre mon coeur et mon âme, et son doux son mélodieux m'enivre l'esprit au point de le faire divaguer. Elle envoute chaque partie de mon corps pour me transporter dans un monde que je suis seule à connaître, un univers parallèle enveloppé de plusieurs symphonies confondues. En harmonie avec ce qui m'entoure, elles me rendent plus libre et émotive : Je pleure, je ris, je pense et je rêve… Elle m'emporte dans un endroit empli de ces notes mélodiques. C'est une passion à elle seule que de l'écouter chanter. Parfois pour réconforter, d'autres pour rassurer ou encore pour s'amuser, la musique possède toutes les vertus que les émotions humaines requiers.

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    Passion et Liberté.

    J'étais sur une plage de sable fin. La pleine lune éclairait la mer d'une lueur, tout comme elle illuminait en moi une foule de souvenirs. A chaque pas, à chaque fois que mes pieds frôlaient le sable chaud, les petits grains s'infiltraient dans mes doigts, les chatouillants, à mon plus grand plaisir. Au dessus de ma tête étincelaient un millier d'étoiles, tapissant le ciel d'un noir de jais. Soudain, une petite brise vint caresser mon visage, et faire voler mes cheveux. Au même instant, je levai les yeux vers une mouette qui planait, portée par le vent, seule et libre. Au loin, une bande jaune pâle apparue lentement, intensifiant à chaque seconde ses couleurs en direction du rouge, indiquant que l'aube allait bientôt se lever. Je m'asseyais sur le sol, laissant les vagues immerger mes jambes nues. Je regardai le soleil poindre à l'horizon, et se refléter dans l'eau transparente. Appuyée sur mes mains derrière mon dos, je serrais et desserrais mon étreinte où elles renfermaient les petites pierres couleurs d'or. Dès que le soleil fut à son zénith, je laissais retomber ma tête, fermant les yeux, et laissant l'astre solaire réchauffer mon coeur en extase.

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    Recommencer.

    Je dormais tranquillement, et pour la première fois depuis de nombreuses saisons, je rêvais. J'étais sur une plage de sable fin. La pleine lune baignait la mer d'une lueur étincelante me rappelant des souvenirs heureux. Les petits grains s'infiltraient dans ma fourrure et dans mes coussinets foulant le sol chaud. Tout à coup, une petite brise vint caresser mon pelage rayé, et je levais ma truffe vers le ciel noir, prenant une grande inspiration, savourant à pleins poumons ce moment de bonheur. Ma respiration régulière, mon pouls incessant, faisait plaisir à voir dans cet endroit paisible et terriblement calme. Soudain, le vent se mit à souffler fort, jusqu'à ébouriffer mes poils lissés, et de grandes vagues se mirent à claquer sur le rivage, venant immerger mes pattes puissantes. Je baissais les yeux vers ces dernières, et écarquillais les yeux devant ce spectacle ahurissant. Elles étaient couvertes de sang. Ne sachant que penser face à ce phénomène improbable, je relevais la tête, l'esprit en divague. Puis, au loin, une silhouette vacillante se découpa. À peine fut-elle visible qu'elle s'effondra sur le sol. Comprenant aussitôt le sens de mon rêve, je me mis à courir le plus vite possible en hurlant au désespoir. « Maman ! »

    J'ignorais les vagues qui cinglaient mon visage maintenant trempé de larmes. J'étais bien trop aveuglée par le chagrin grandissant. À mesure que je courais vers le corps inerte, le vent s'intensifiait, et sur les quelques mètres qui me séparait de la personne sur laquelle je comptais le plus, je redoublais ma vitesse, en fermant les yeux. Dès que je fus à sa hauteur, je du effectuer un dérapage sur le sol mouillé pour m'arrêter. Les yeux embués de larmes, je m'allongeais près du corps sans vie de ma mère, me rappelant le terrible événement, qui lui avait coûté la vie. Puis, ma tête tomba inerte sur la pelage roux maculé de sang, et toujours secouée de sanglots réguliers, je fermais les yeux, inconsciente. Je m'étais évanouie. « Ah ! » Je me réveillais en sursaut, dans ma tanière. Le soleil filtrait à travers les feuilles de mon antre, venant me réchauffer la fourrure, et l'illuminant de ses rayons. Repensant immédiatement au cauchemar que je venais de vivre, une vague de rancœurs monta en moi pour venir se loger dans ma gorge. Je n'avais plus la force d'y repenser, où, pendant cette nuit de bataille, un tigre lui avait asséné un coup fatal. Non ! Je secouais la tête pour effacer cette mauvaise pensée de mon esprit. Je me levais péniblement, n'osant même pas regarder mes pattes, de peur du résultat. Je m'étirais, et faisait une brève toilette.

    Puis, je sortis au dehors. Les oiseaux gazouillaient joyeusement, le ciel était d'un bleu sans fin, tout était bien, sauf dans ma tête. Mais, je décidais d'aller chasser pour me changer les idées. Le soleil scintillait, tandis qu'en moi, le désespoir me rongeait, lentement… Je ne voulais pas repenser à cette soirée, où toute la tristesse du monde m'avait envahi en voyant ma mère mourir devant mes yeux. Ma vision se troubla et une larme, une seule, coula sur ma joue, pour tomber au sol, sur une flaque de sang rouge vif. J'écarquillai les yeux, effrayée. D'où venait-elle ? Je poussais un cri de peur et de douleur confondue avant de m'éffondrer sur le sol, inerte...

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MessageSujet: Re: Alouna Paradise   Lun 15 Avr - 16:56

T'écris biiiiiien *-*


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MessageSujet: Re: Alouna Paradise   Mar 16 Avr - 20:44

Merci (:
T'as bien aimé quel texte dans ceux que tu as lu ? ^^

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MessageSujet: Re: Alouna Paradise   Mer 17 Avr - 10:58

De rien Smile

J'ai adoré Perfect Symphony, c'est mon préfèré Smile
Et puis Recommencer, j'aime beaucoup aussi Smile

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